D’où viennent les abattoirs?

Slaughterhouse ou traduit littéralement : maison du massacre, du carnage, de la tuerie, de l’hécatombe. En France, pour nous éloigner de la réalité on a inventé un mot qui maquille la vérité : Abattoir. Un lieu où souffrent animaux et hommes et où rien de bon ne peut sortir.

Mais d’où viennent les abattoirs ?

 

Origine des abattoirs en France

C’est au 18e siècle, sous le régime de Napoléon Bonaparte que les abattoirs voient le jour.

Le but est de réunir dans un même endroit l’abattage des animaux. Cette réforme va se répercuter dans toutes les villes de France.

Tout commence en 1791 avec la suppression des corporations de boucher. Cela provoque une désorganisation de la filière, les artisans bouchers ont accès à une liberté nouvelles qui provoque des « tueries particulières« . Ces tueries particulières sont faites à même la chaussée, montrant aux passants les tripes, les rivières de sang et les cris des animaux. Un risque sanitaire mais aussi sociale voit alors le jour.

D’après un rapport de cette époque, le fait de voir les animaux se faire tuer sauvagement engendrait une augmentation des violences et des crimes.

En 1810 pour contrer ces problèmes, l’Empereur interdit les tueries particulières dans Paris intra-muros. Les tueries devront se faire dans des établissements municipaux. C’est ainsi qu’en 1818 on assiste à l’ouverture de 5 nouveaux abattoirs municipaux en périphérie et à l’interdiction d’emmener des animaux de rente dans le centre ville (cette interdiction à pour but d’arrêter certaines tueries particulières qui se perpétuaient).

Le but de l’état était la sécurité, la salubrité et le contrôle de l’activité. Aucunement le bien-être animal ou la prise en compte de leurs besoins.

Les murs épais des abattoirs cachaient l’horreur des lieux aux consommateurs qui pouvaient alors manger leur steak tranquillement sans se préoccuper de l’animal qui avait perdu la vie pour eux.

Les techniques d’abattage n’ont connu presque aucune innovation en cette période, jusqu’au milieu du 20e siècle avec l’influence de l’abattoir de Chicago.

Abattoir de Chicago

 

L’abattoir qui inspira le Fordisme

 
A l’école on nous dit que l’organisation scientifique du travail et donc la production de masse vient du fordisme. Ce bon vieux Henri Ford avec sa Ford T. Cependant ce que l’on oublie de dire, et ce que M. Ford nous livre dans son autobiographie, c’est que l’idée de sa chaîne de production lui est venue en visitant un abattoir. Il est évident qu’il est plus simple pour l’Histoire de nous narrer le fait que l’industrie automobile à révolutionné le monde, plutôt que l’industrie du massacre..

Ce sont Gustavus Swift et Philip Armour les pionniers des maisons de l’horreur augmentées et de la consommation de masse qui détruit notre Terre et notre humanité.

Le but de cet abattoir n’était pas le respect de l’ouvrier, qui aliéné et complètement désabusé n’était qu’un petit pion à utiliser puis à jeter. Il payait ses ouvriers 9,50 dollars la semaine, alors que le salaire minimum pour vivre était de 15 dollars, il finançait des milices armées pour briser les mouvements de grève. Les ouvriers n’avaient que quelques minutes entre chaque meurtre et finissaient comme Charlie Chaplin dans « Les temps modernes ».

Le but n’était pas non plus de minimiser la souffrance de l’animal, de lui éviter au maximum la peur et l’horreur. Non non non, vous l’aurez compris le but était le productivisme à tout prix.

Philip Armour pensa qu’il était plus simple de tuer les animaux sur le lieux où ils sont achetés et acheminés, et qu’il était plus simple de les renvoyer en pièces détachées pour minimiser les coûts de production et maximiser les profits.

L’abattoir de Chicago était d’après des témoignages : « Semblables à un chaos laborieux« .
Les cadences étaient intenables (et le sont toujours), les bêtes mal tuées, les humains consumés par cette violence. Ce créateur malsain a séparé chaque tâche pour plus de productivité. En 1900, 80% de la viande consommée aux États-Unis provient des abattoirs de Chicago.

L’Armour and Company couvre plusieurs hectares à Chicago et est dotée de chambres froides, son usine est la première à expérimenter le travail à la chaîne et la spécialisation des opérations. Abattage, découpe, désassemblage, lavage, conditionnement… Tout est fait en continu pour accélérer les opérations de transformation et améliorer la rentabilité.

En 1880, M. Armour possède la première usine des Etats-Unis dans le secteur de la viande et n’hésite pas à dire : « Rien ne se perd, y compris les cris des animaux « . L’entreprise utilise tout et produit de tout : soupes, glue, savons, engrais, pepsine. 

Comme on peut le constater seul une personne sans conscience ni âme peut créer ce genre d’endroit, le pire étant qu’il est soutenu par les consommateurs…

En 1875, Gustavus Swift rejoint le marché de la viande et veut créer un vaste système de distribution, couvrant tous les Etats-Unis, et destiné à stocker la viande avant sa redistribution chez les détaillants. Il créer alors les wagons réfrigérés permettant de parcourir de grandes distances.

 

Abattoir

 

Les abattoirs aujourd’hui

Finalement après avoir découvert comment sont nés les abattoirs on se demande quelle est la différence entre les abattoirs de Chicago et aujourd’hui ?

Le milieu de l’abattage a-t-elle connu d’autres évolutions? Il semblerait qu’aucune évolution majeure n’ai eu lieu depuis. Déjà dans les abattoirs du 18e siècle des « vétérinaires » étaient présents donc rien de nouveau.

Les hommes sont toujours exploités, mal payés, mal considérés, faisant un travail horrible avec des cadences folles. Ils sont toujours des homes-machines qui finissent physiquement et mentalement détruits par leur travail. Et ici le mot travail, dont l’origine latine veut dire torture, est le mot à employer. Le livre  « Ma vie toute crue » de Mauricio Garcia-Pereira  en témoigne.

Les animaux sont toujours considérés comme des objets dont il faut tirer le maximum d’argent possible. Rien n’est fait pour eux. Et si quelque chose devait être fait, ça serait fermer ces usines de la mort.

 

Ne pas manger les animaux

 

On dit des guerres que ce sont des boucheries, on dit que les abattoirs et leurs techniques auraient non seulement inspiré Ford mais aussi les nazis pour les camps de la mort. Tout ce qui sort d’un abattoir est sans vie, toute personne ayant travaillé là bas devient l’ombre d’elle-même. Qu’est ce qui sort de bon de là bas ? Cette barbarie, cette boucherie, vaut-elle un simple plaisir gustatif momentané et égoïste?

Nous avons besoin d’une nouvelle humanité, qui doit s’appuyer sur une nouvelle production qui ne nous aliène pas, qui ne nous exploite pas, et qui ne nous sépare pas de la nature.

 

 

Et vous, que pensez-vous des abattoirs? Partagez votre opinion en commentaire.

2 commentaires sur “D’où viennent les abattoirs?

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