D’où vient la corrida – Une « tradition » honteuse

D’où vient la corrida – Une « tradition » honteuse

24 janvier 2019 0 Par Elodie Marziac

Tous les matins je regarde ma boîte mail et je participe à de nombreuses pétitions qui me touchent pour la protection animale.  Souvent je retombe sur le même sujet de lutte :  La corrida.

Une barbarie justifiée par la volonté de conserver une « tradition » encrée.. Une barbarie point.

Et je me suis dit : Qu’est ce que je sais de la corrida finalement ? D’où ça vient ? Comment les hommes ont pu créer une chose aussi horrible ?

 

Les origines

J’ai donc farfouillé sur internet, dans des bibliothèques et je me suis rendu compte que l’origine de la corrida n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser.

Sur les sites pro-corrida cela vient de la noblesse espagnole qui voulait montrer son « courage », pour les sites anti-corrida l’histoire de la création est plus précise et met en avant un détail (que les autres sites ont certainement préférés oublier), c’est que la corrida que nous connaissons aujourd’hui est née dans les abattoirs.

En effet, une idée injustement répandue prétend que la corrida remonte aux chasse préhistoriques, aux jeux crétois ou aux combats dans les cirques romains. Déjà les pro-corrida ne savent que choisir.. Première illogisme.

Ces deux théories ne sont pas viables car la civilisation crétoise n’avais pas de relations hors de la mer Egée et les arènes romaines ont été soient détruites par les invasions barbares, soient occupées jusqu’au 19e siècle par des habitations. Deuxième illogisme.

En fait la corrida ne serait pas si vieille et serais née entre le 11e et le 13e siècle d’abord avec les jeux torins, chevaleresques ou populaire et que sa forme actuelle s’est formalisée au 16e siècle avec certaines coutumes d’abattoirs.

Quelques employés d’abattoirs à Séville s’amusaient à pourchasser et esquiver les taureaux avant de les tuer. C’est comme cela que ce sont formées les techniques de l’esquive et de l’estocade à pied.
Les premiers toréreaux rémunérés seraient d’anciens employés des abattoirs.

 

Arrivée de la corrida en France

En France la corrida à fait son entrée en 1852 et tout n’a pas été rose depuis !

Une partie des élites (entre autres BYRON, George SAND, Victor HUGO, CLARETIE, BLOY, MIRBEAU, ZOLA, RECLUS, CLEMENCEAU ou encore ROCHEFORT) dénonce ces pratiques barbares. La loi Grammont (qui interdit la maltraitance des animaux en public sous peine d’amande) et la SPA (qui pris fortement partie contre) n’ont pas facilité les chose.

D’après le site No Corrida qui a interviewé Eric Baratay (Professeur d’histoire contemporaine, Histoire des animaux à l’université Lyon 3) lors des trois corridas données en 1853 à Bayonne (première ville à les organiser), les spectateurs désertèrent les gradins dès le second jour. En 1859, l’assistance diminua de moitié lors de la deuxième course et la troisième fut annulée. Même scénario à Mérignac en 1853. Même échec à Nîmes en 1863. Dax oublia les corridas jusqu’en 1878.

Corrida  torture

Déroulement d’une corrida

Avant la corrida les taureaux sont mutilés pour n’avoir aucune chance de gagner.

Leur cornes sont sciées à vifs sur 6 à 10 cm puis reconstituée avec de la résine pour que le public n’y voit que du feu. C’est la même douleur que de se faire scier les dents à vifs. De plus le taureau hésitera à se servir de ses cornes pour repousser le tortionnaire car elles lui font mal, sans parler du fait qu’il avait une image mentale précise de la taille de ses cornes et qui ne le sais plus (ce qui fait qu’il rate l’agresseur).

Des sédatifs ou des anti-inflammatoires (pour mieux lui faire supporter la douleurs) peuvent aussi lui être administrés

Il y a généralement 6 taureaux qui sont torturés puis tués publiquement et trois parties par combat de corrida. Le combat en corrida est aussi appelé lidia.
La première partie c’est le tercio de pique. On fait entrer le taureaux.
Le matador évalue son comportement puis entre en piste pour faire une série de passe à la cape (capote). Puis viennent les picadors, chargés de « tester la bravoure » du taureau avec leur pique munie d’une pointe d’acier appelée puya. Il y a généralement deux ou trois rencontres entre le taureau et le picador, sur des taureaux « faibles » une seule rencontre l’affaibli énormément.

La deuxième partie ou tercio de banderilles.
Les picadors sortent, le matador enchaîne parfois encore quelques passes. S’enchaîne ensuite la pose des banderilles. Celles-ci sont en principe posées par les peones, mais le matador peut également les poser. (Il faut donc 3 types de sadiques pour un pauvre taureau…)

Et la dernière partie, le tercio de mise à mort
Le matador a 15 minutes pour tuer le taureaux à compter de sa première passe.

Le taureaux agonisera finalement une grosse demi-heure sous le regard amusé et stupide de personnes prêtes à payer pour du sang.

 

Et si le taureau gagne?

Il y a eu quelques histoires de taureaux qui ont réussis à tuer leur tortionnaire. Malheureusement ce n’est pas un combat (comme annoncé par les afficionados), c’est juste de la torture où un seul gagnant peu s’en aller : L’humain (ou plutôt l’inhumain).

Un autre toréador est rentré dans l’arène pour terminer le travail… Mais lorsque le taureaux meurt face à un homme on ne fait pas rentrer un autre taureau jusqu’à ce que l’homme meurt? Si?!

Bref vous aurez compris c’est injuste mais cela va encore plus loin, la mère du taureau « assassin » sera envoyée à l’abattoir pour que la lignée de taureaux tueurs s’éteigne avec elle. N’est pas la preuve d’une « tradition » stupide et patriarcale à souhait?

 

Niveau législatif

Les corridas sont interdites par de nombreuses lois :

La loi Grammont : « Seront punis d’une amende de cinq à quinze francs, et pourront l’être d’un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques. »

L’alinéa 7 article 521-1 du code pénal :  » Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

En cas de condamnation du propriétaire de l’animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal statue sur le sort de l’animal, qu’il ait été ou non placé au cours de la procédure judiciaire. Le tribunal peut prononcer la confiscation de l’animal et prévoir qu’il sera remis à une fondation ou à une association de protection animale reconnue d’utilité publique ou déclarée, qui pourra librement en disposer.

Les personnes physiques coupables des infractions prévues au présent article encourent également les peines complémentaires d’interdiction, à titre définitif ou non, de détenir un animal et d’exercer, pour une durée de cinq ans au plus, une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l’infraction. »

MAIS c’est autorisé explicitement pour certaines régions par la loi Romery-Sourbet du 24 avril 1951 : Autorisation de la corrida dans les régions où : « une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».

Les corridas sont financées par les collectivités locales et par l’état, ce sont donc nos impôts qui contribue à ça…

Comme le dit si bien le Huffington Post :  » Ce sont des centaines de millions d’euros qui sont versés depuis quelques années par l’Europe à trois de ses États membres (Espagne, Portugal et France) pour soutenir une activité qui est illégale dans les vingt-quatre autres, bien que tous y contribuent. Cet argent -celui de tous les citoyens européens- a pourtant pour vocation initiale de favoriser le développement, la coopération et le respect. Au lieu de cela, il est utilisé pour promouvoir la torture animale comme divertissement, et cela dans le contexte d’une crise sans précédent où d’autres besoins bien plus nécessaires sont insuffisamment soutenus. »

 

Voila vous savez tout de la folie des corridas : Un public d’abrutis applaudissant un psychopathe en collant et paillette lorsqu’il fait saigner à mort un taureau qui ne demande qu’à vivre. Et le pire, ce sont nos impôts qui financent ça !

 

Avez-vous des astuces/idées pour stopper cette folie ? Dites-le nous en commentaire.

 

 

 

 

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