Fiche de lecture – Steak Machine de Geoffrey Le Guilcher

Fiche de lecture – Steak Machine de Geoffrey Le Guilcher

29 janvier 2019 0 Par Elodie Marziac

En résumé : Un CV imaginaire, une fausse identité, et un crâne rasé. Steak Machine est le récit d’une infiltration totale de quarante jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Geoffrey Le Guilcher a partagé le quotidien des ouvriers : les giclées de sang dans les yeux, les doigts qui se bloquent et les défonces nocturnes. Un univers où, selon un collègue de l’abattoir, “si tu te drogues pas, tu tiens pas”. L’usine ciblée par le journaliste abat deux millions d’animaux par an. Une cadence monstrueuse qui mène inéluctablement au traitement indigne des hommes et des animaux.

310x190_geoffrey-guilcher-journaliste-infiltre-40-jours-abattoir-industriel-bretagne-relate-experience-danss-steak-machine-livre-paru-jeudi-2-fevrier-2016L’auteur : Après trois ans passés aux Inrockuptibles, Geoffrey Le Guilcher, 30 ans, est devenu journaliste indépendant. Il collabore avec Mediapart, Le Canard enchaîné, Streetpress et Les Jours. En janvier 2016, il a publié une biographie-enquête non autorisée : Luc Besson, l’homme qui voulait être aimé (Flammarion).

Les arguments à retenir : 1 mise à mort sur 5 est ratée avec un rythme d’1 vache par minute. 16% des vaches et 25% des veaux font des faux anévrismes lors de leurs saigné et sont parfois conscients alors qu’on les découpent. Les faux anévrisme c’est en fait des caillots qui se forment au niveau de la jugulaire qui a été tranchée. C’est des cadences infernales qui permettent la consommation de masse mais ni le respect des animaux ni des humains. Au 18e siècle les autorités créent les abattoirs non seulement pour régler les nuisances sanitaires en centre ville mais aussi et surtout parce que les spectacles de mises à mort rendent les gens violents. Les ouvriers sont exploités, souffrent de douleurs chroniques provoquées par des gestes répétitifs. Le travail les consument à petit feu et ils finissent complètement cassés, parfois handicapés. Les managers sont vindicatifs, les horaires éprouvantes, la cadence horrible et si un employé est cassé par le travail l’abattoir ne le reconnait pas et refuse de mettre ça comme accident du travail.

Mon avis : Un témoignage important qui a besoin d’être entendu. Geoffrey le Guilcher entre dans le vif du sujet des abattoirs et fait face à la maltraitance et à la violence de ce milieu. La souffrance est animale mais aussi humaine. Je dirais qu’à la fin on reste un peu sur sa faim car on n’en sait pas vraiment beaucoup sur la zone d’abattage (zone très dure à introduire).

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