La boucherie éthique – Sensibiliser à la consommation de viande

La boucherie éthique – Sensibiliser à la consommation de viande

17 janvier 2019 0 Par Elodie Marziac

Quand on mange de la viande ce n’est en fait pas de la viande que l’on mange mais des êtres, des animaux, des vies.

Toutes les techniques sont bonnes pour sensibiliser à la consommation de viande mais certaines fonctionnent mieux que d’autres. Les parasites ont choisi le faux documentaire pour nous questionner sur notre alimentation.

 

Un faux reportage

Il est important de préciser ici que ce reportage n’est pas réel. C’est une mise en scène sous forme de documentaire qui a été effectuée mais tout est faux.

La boucherie éthique n’existe pas, d’ailleurs aucune boucherie éthique ne pourra jamais exister car le simple fait de tuer un être vivant n’est pas éthique.

Ce « reportage » de sensibilisation met en scène Daniel, le créateur de la boucherie éthique. Après avoir vu des vidéos horribles montrant la vie des animaux d’élevage et leur abattage il décide de réformer la filière de la viande. Il ne veut pas tuer mais il ne peut pas se passer du goût. D’ailleurs pour lui il n’est pas question de devenir végétarien ou vegan, ça serait trop dur.

Non au lieu de cela il propose de « prélever » chirurgicalement des parties du corps des animaux (autant que possible bien sûr) et de les laisser en vie dans des sanctuaires.

On voit donc des animaux de toutes espèces arborant des prothèses. On nous montre à quel point ces animaux sont heureux et ont de la chance de pouvoir vivre et donner de leurs corps pour l’homme. C’est un privilège. Certaines associations (toujours de manière fictive bien sûr) véganes ou de protection des animaux soutiennent le mouvement et avouent que se passer de viande « c’était dur et utopique ».

Un label « Viande éthique » est créé pour que les consommateurs sachent que l’animal qu’il mange n’est pas mort, juste prélevé.

Viande éthique

Au delà des animaux « classiques » de rente (cochons, vaches, poules…) on voit aussi des animaux sauvages prélevés (koala, panda, lion..), mais aussi des humains. Vu qu’on a plus besoin de tuer pour manger on peut tester tout type d’animaux. Cela profite même aux animaux. Pour les animaux de rente c’est la promesse d’une « belle vie » une fois leur « devoir » terminé; pour les animaux sauvage c’est l’augmentation du nombre d’individus parce qu’on va plus les protéger et les inciter à se reproduire; et pour les humains c’est le fait de gagner beaucoup d’argent en échange d’une partie de son corps. On s’en doute ce sont donc des pauvres (notamment une SDF dans le documentaire) qui vendent des parties d’eux pour des personnes fortunées en quête de plaisirs gustatifs inédits.

Des centres de prélèvement existent donc, permettant par exemple d’amener votre chien, de commander deux rumsteck et de le récupérer avec quelques parties en moins mais en vie. Ce qui permettrait d’après une propriétaire de chien « de plus se rapprocher de son animal et d’avoir une petite partie de lui en soi ».

D’autres secteurs se sont inspirés de la viande éthique, la chasse par exemple..

Pour appuyer leur volonté d’ouvrir les consciences au ridicule du carnisme et d’une éventuelle boucherie éthique de vrais intervenants sont présents. C’est le cas du cofondateur de L214  Sébastien Arsac, et de Paul Watson de Sea Shepherd.   Ce sont les seuls qui sont porteurs d’un discourt cohérent.

Daniel nous dit vers la fin du documentaire que pour les poules et les poissons c’est pas la même chose, on peut les tuer. Il ne faut pas être « extrémiste quand même« .

 

Ce que cela cache

Défense des animaux

En premier lieu il convient de dire que de nombreux internautes ont cru à cette histoire et cela les a révoltés. Dans cette part d’internautes la majorité est carniste et il est impressionnant de voir comme la cruauté de prélever des animaux les choquent alors que les manger ne les choquent pas. Bref.. Tout commence et tout fini par un décompte. Le nombre d’animaux qui sont dépossédés de leurs vies durant le visionnage du documentaire. Ce chiffre est horrible, terrible, terrifiant. Le faux documentaire est donc clairement engagé dans la défense des animaux.

Dérives technologiques

Ici on nous montre une dérive possible des avancées technologiques au « service » de la nourriture. Prélever de la viande et ne pas tuer, se nourrir d’animaux encore vivants. Depuis le début l’homme cherche à améliorer l’efficacité et la productivité de tout ce qu’il entreprend. Même dans le cadre des animaux. Cela fait des années que nous cherchons constamment les sélections génétiques pour produire plus d’œufs, de viande, de lait. Ensuite on a essayé d’implanter des choses pour mieux contrôler les animaux comme les vaches avec des hublots. Dans le cadre du documentaire on nous montre que les scientifiques et vétérinaires cherchent à prendre toujours plus de l’animal en ne se souciant que peu de leur bien-être. La vétérinaire qui fait les prélèvements est d’ailleurs habillée d’une blouse couverte de sang, la table est couverte de sang elle aussi. Un clin d’œil pour rappeler que bien peu de chose la sépare d’un boucher.

Lorsqu’un restaurateur est interviewé il nous indique même que dans un futur proche on pourra faire du foi gras éthique en remplaçant les foi des canards ou oies par d’autres fois…  On nous parle clairement de transanimalisme et d’animaux augmentés. Les animaux préféreraient presque avoir des membres mécaniques que leurs membres…

Manger de la viande éthique

Animaux objets

Ici les animaux ne sont ni plus ni moins que des objets vivants. On estime que c’est leur devoir de produire de la viande pour nous et de nous donner une partie de leur corps, ils sont nés pour cela et pour rien d’autres. Les éleveurs les font naître, prennent soin d’eux, les nourrissent, c’est en retour à l’animal de faire son boulot et de nous donner sa viande.

Une question se pose donc: L’animal doit-il être utile pour vivre ? Son but est-il d’être mangé ? Peut-on s’approprier le corps d’un animal pour un simple plaisir gustatif ?

Maquiller la vérité

Ici en fin de compte on maquille la réalité pour le consommateur. Parce qu’après tout qui est responsable de la mort ou de l’utilisation des animaux ? Le consommateur. Si personne ne consomme, pas d’animaux tués. Le but est donc d’emballer joliment le paquet pour mieux le donner, même si le cadeau reste le même.

Manger de la viande permettrait en fait de sauver les animaux, voila ce que l’on veut nous faire croire…  Parce que finalement si personne ne mangeait de viande on ne mettrait pas ces animaux au monde, on les préserve donc en les faisant naître pour leur offrir une courte vie de souffrance.

On enjolive toujours les mots qui concernent la viande : Quand on castre, lime les dents, coupe la queue des porcelets à vifs on dit qu’on fait des soins dans les élevages. Dans les abattoirs tuer c’est euthanasier.

Il faut maquiller les choses/la réalité pour que ce soit plus acceptable et défendable pour les consommateurs, on doit cacher l’horreur de la viande pour qu’on continue à en manger. Et ici si c’est « éthique » ça dédouane les gens. Ils ne se sentent plus coupables. Ils peuvent donc continuer bêtement et égoïstement à consommer.

On veut se donner bonne conscience, donner une bonne image en société. On est fainéant et au lieu de changer nos modes de consommation on cherche des alternatives qui sont bien vues. Par exemple, dans le monde réel, au lieu d’arrêter de manger de la viande on va manger de la viande bio.. Ça reste de la viande en fait..

Viande éthique, viande

Le syndrome de la blouse blanche

Une chose importante dans ce documentaire c’est le syndrome de la blouse blance.

De nombreuses personnes ont cru (à tort) que ce documentaire était réel parce qu’il met en scène de nombreux faux experts. Ces faux experts en blouses blanches ne sont autre que des acteurs. On avale donc n’importe quoi tant que l’habit fait le moine. Notre sens critique s’arrête là où la blouse commence.

 

 

En tout cas ce faux documentaire intelligemment tourné et orchestré nous montre les dérives de l’homme et son égoïsme. Il permet de remettre en question des choses que beaucoup préfère oublier. Que beaucoup savent mais dont ils ne veulent pas se souvenir.

Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours. Manger de la viande tue. Manger de la viande tue beaucoup : 65 milliard d’animaux terrestres tous les ans.

 

 

 

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