L’antispécisme – Décryptage

L’Antispécisme, un débat et un terme dont on entend souvent parler. Mais qu’est ce que l’antispécisme ? Décryptage ici !

D’après Wikipédia « Le spécisme est la considération que des membres d’une certaine espèce ont des droits moraux plus étendus ou supérieurs à ceux accordés à d’autres espèces, notamment la considération morale supérieure que les humains accordent à leur propre espèce, dans un contexte lié à l’éthique et à la philosophie des droits des animaux. Ce concept est surtout utilisé par les tenants de l’antispécisme.

Par extension, le spécisme renvoie aussi à l’idée que les humains accorderaient une considération morale plus ou moins importante aux individus des autres espèces animales en fonction de celle-ci : les animaux de compagnie et les animaux dont l’espèce est en danger d’extinction verraient par exemple leurs intérêts davantage pris en compte que les animaux d’élevage, ceux destinés à l’expérimentation ou encore considérés comme nuisibles. »

Nous savons ce qu’est le spécisme, mais qu’est donc l’antispécisme ?

Spécisme - Antispécisme

 

Les origines

En 1970, grâce à Richard D. Ryder, universitaire britanique à Oxford et psychologue britannique auteur de l’ouvrage Victims of Science, que le mot antispéciste naît. Publié dans un ouvrage pour dénoncé les animaux, le terme à des racines qui sonnent comme pour racisme ou sexisme. En effet, il vise à dénoncer une discrimination.

En 1971 il écrit un nouveau livre Animals, Men and Morals, où il fait un parallèle avec l’histoire : « La discrimination sur la base de la race, bien que tolérée presque universellement il y a deux siècles, est maintenant largement condamnée, écrit-il. De la même façon, il se pourrait qu’un jour les esprits éclairés abhorreront le spécisme comme ils détestent aujourd’hui le racisme ».

Il est utilisé Peter Singer, défenseur reconnu des animaux le reprends en 1975 et le vulgarise dans son livre, La Libération animale. Peter Singer nous dit dans son livre que : « Les racistes violent le principe d’égalité en donnant un plus grand poids aux intérêts des membres de leur propre race quand un conflit existe entre ces intérêts et ceux de membres d’une autre race. Les sexistes violent le principe d’égalité en privilégiant les intérêts des membres de leur propre sexe. De façon similaire, les spécistes permettent aux intérêts des membres de leur propre espèce de prévaloir sur les intérêts supérieurs des membres d’autres espèces ».

Ce n’est qu’en 1993 que le livre de Peter Singer est traduit en France, ce n’est qu’alors que le débat est arrivé.

En 2010 le terme spécisme arrive dans les dictionnaires français. Depuis quelques années des associations de protections animale et notamment L214 a mis en lumière le spécisme et donc l’antispécisme.

Chez nous Aymeric Caron, végétarien et auteur de No Steak (2013) est l’un des nombreux porte-voix de cette cause, en 2016 il écrit même un essai nommé Antispéciste où il souhaite l’essor d’un humanisme nouveaux qui prendrait en compte les animaux.

Une journée mondiale contre le specisme a même été créée, elle a lieu le 27 août.

Spécisme - Antispécisme - Anthropocentrisme

L’idéologie

L’antispécisme refuse la notion même d’espèce et les critères injustes déterminés par les hommes qui sont à liés à l’appartenance à une espèce.

Le but est de lutter contre la domination et la supériorité humaine et le droit de vie ou de mort de l’être humain sur l’animal. Les animaux sont des êtres conscients et sentients qui ont la volonté de vivre et à ce titre au moins ils sont égaux aux humains.

Les antispécistes sont conscients qu’une égalité entre les espèces est impossible mais veulent stopper les maltraitances et accorder plus de droits aux animaux.

Richard D. Ryder rappel que Charles Darwin, inventeur de la théorie de l’évolution, dit qu’il n’existe qu’une différence de degré entre les animaux non humains et les animaux humains. « Depuis Darwin, les scientifiques admettent qu’il n’y a aucune différence essentielle « magique » entre les humains et les autres animaux, biologiquement parlant, écrit Richard D. Ryder. Pourquoi, dès lors, faisons-nous moralement une distinction radicale ? »

Spécisme - Anti-spécisme - Choix

Son combat

Pour les antispécistes le spécisme est la troisième horreur de l’humanité (racisme, sexisme et specisme). Le racisme est le fait de hiérarchiser les être humains, le sexisme à discriminer par le sexe et le specisme à refuser des droits essentiels en fonction de l’espèce.

L’antispéciste est contre l’anthropocentrisme et l’idée que l’humanité est supérieure aux autres espèces.

Faire valoir le fait que chaque individu toute espèce confondue, aspire à être libre et d’avoir le droit de disposer de sa propre vie.

Aucune espèce n’a envie d’être un objet, un bien, une marchandise, un steak. Il y a donc une volonté de fermer les abattoirs, les laiteries, les sites de pêche, d’interdire toutes les expérimentations animales et les tortures…

Les classifications arbitraires ne doivent pas permettre une hiérarchisation. Choisir de caresser un chien ou un chat et de manger les cochons est spéciste. Cette hiérarchisation n’est créée que pour le plaisir des humains.

Jamais violent le combat antispéciste se veut respectueux des animaux humains et non humains.

 

 

Je vous laisse vous faire votre propre idée sur ce débat et la nécessité des questions qu’il pose. Pouvons-nous continuer sans scrupules, à exploiter les animaux, les faire naître et mourir à notre guise ?

Voici quelques citations qui pourront vous informer un peu plus.

« Quand il s’agit de la violation des droits fondamentaux des humains, nous sommes absolutistes. Personne ne propose de rendre l’esclavage, la pédophilie, le viol, le meurtre etc. plus « humains ». Quand il s’agit de la violation des droits fondamentaux des animaux, nous parlons de tout sauf d’absolutisme. Au contraire, nous nous concentrons sur le fait de rendre plus « humaine » la violation de leurs droits fondamentaux. Nous traitons les interêts fondamentaux des humains et non-humains différemment. Tel est le spécisme.«  Gary L. Francione.

“Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres.” George Orwell

« On me demande parfois : Pourquoi dépensez-vous autant de votre temps et d’argent à parler de la bonté envers les animaux quand il y a tant de cruauté faite aux Hommes? Je réponds : Je travaille à ses racines. » George T. Angell

« Les animaux ne nous appartiennent pas. Quels qu’ils soient, n’avons pas le droit d’en disposer, que ce soit pour notre alimentation, notre habillement, nos loisirs ou nos expériences scientifiques. » Association PETA

« Quand les humains sont oppressés, c’est une tragédie. Quand les animaux sont oppressés, c’est la tradition. » Association Vegan France

 

Et vous, que pensez-vous du spécisme ? Donnez-nous votre avis en commentaire !

Fiche de lecture – L’animal est-il un homme comme les autres ?

Depuis 2015, les animaux ne sont plus considérés comme des « bien meubles », mais comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Peut-on aller plus loin, et quel serait un droit des animaux ?

L'animal est-il un homme comme les autresEn résumé : Charles Darwin avait révolutionné l’idée que nous nous faisions de notre place dans la nature. Aujourd’hui, la science découvre peu à peu que les animaux pensent, apprennent, transmettent et qu’ils sont des êtres sensibles, déclenchant une véritable révolution philosophique et éthique. C’est ainsi que depuis 2015, ils ne sont plus considérés comme des « bien meubles », mais comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Peut-on aller plus loin, et quel serait un droit des animaux ?
Entre passion et réalisme, Louis Schweitzer, président de la fondation « Droit animal, éthique et science », et Aurélien Barrau, philosophe et astrophysicien, militant pour le respect des animaux, tentent de répondre à cette question qui remet profondément en cause nos choix de société.

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Louis Schweitzer : Louis Schweitzer fut Directeur de cabinet de Laurent Fabius de 1981 à 1986, DG puis PDG de Renault de 1986 à 2005, président de la HALDE jusqu’en 2010 et ancien président du conseil de surveillance du journal Le Monde.

Aurélien Barreau

 

Aurélien Barrau : Professeur à l’Université Joseph Fourier, chercheur laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS, membre de l’Institut Universitaire de France

Mon avis : Un livre intéressant, des échanges de points de vue dépassionnés et assez terre à terre. S’en est presque perturbant. J’ai eu quand même du mal à le lire, je ne m’attendais pas à ça en lisant la quatrième de couverture. Le fait que ce soit un débat est un peu perturbant mais apporte une autre vision de la cause animale.

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Koko – Le singe qui parle humain

Apprenez à mieux connaitre Koko, une gorille qui a apporté beaucoup à l’humanité.

Koko est une femelle gorille des montagnes qui a permis de grandes avancées pour ses congénères et tout les animaux.

C’est l’histoire d’un animal qui a su toucher les hommes. Elle est née le 4 juillet 1971 au zoo de San Francisco, et est confiée en 1972 à l’éthologue Penny Patterson.

Elle commença alors très tôt à lui apprendre le langage des signes. Koko maîtrisait environ 1 000 mots et en comprenait environ 3 000. Elle était aussi capable d’utiliser les mots dans leur sens figuré. Par exemple « sale » pour dire quelqu’un de méchant, une personne mauvaise. Elle pouvait donc tenir une conversation courante en langage des signes.

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Au delà de sa compréhension du langage des signes elle était aussi capable de produire des sons inédits : neuf vocalisations différentes qui ne figurent pas au répertoire des gorilles.

Très intelligente elle avait un QI entre 800 et 900 (elle a passé plusieurs fois les tests) alors qu’un homme moyen à un QI de 1 000. C’est surtout une profonde empathie qui a touché les gens et qui a fait comprendre aux humains que les animaux ont des sentiments.

Koko avait adopté un petit chat qu’elle a nommé « All Ball », un jour ce petit être se fit renversé par une voiture et Koko devint terriblement triste. Elle porta le deuil pendant plusieurs mois. L’artiste Robin Williams rencontra Koko pour la première fois en 2001 et ils lièrent une magnifique amitié. Lorsqu’en 2015 Penny Patterson lui expliqua que son ami était décédé Koko mima le mot « pleurer ».

Koko et son chat

Koko est devenu une star et à fait l’objet de nombreux débats et documentaires, Barbet Shroeder en avait même fait l’héroïne d’un film, « Koko le gorille qui parle ». Elle fit deux fois la couverture de National Geographic.

Elle inspira beaucoup de personnes et de scientifiques et permis de créer un pont entre les animaux non humains et les animaux humains. C’est une icône de la relation inter-espèce d’après la Gorilla Foundation créée par Penny Patterson.

Cette magnifique créature est morte le 20 juin 2018 à l’âge de 46 ans dans son sommeil.

Bravo Koko et merci pour tout ce que tu as apporté aux humains et aux animaux.